Boléro

FORMANCE “BOLERO”

“Le boléro de Ravel… une musique de ballet les plus jouées et connues au monde, qui reste facilement dans les mémoires par ses rythme et tempo invariables, sa mélodie uniforme et répétitive. Dans cette oeuvre, Ravel faisait référence à la danse andalouse appelée Boléro, quant à moi, au travers de cette performance je transgresse son inspiration en faisant écho au boléro en tant que vêtement, petite veste courte datant du début du XIXème siècle portée par les danseurs de Boléro et toréador espagnols, puis devenue au XX ème l’accessoire indispensable des mariages.

Le Boléro de Ravel a largement inspiré le patinage artistique et la danse contemporaine notamment une sublime interprétation par Jorge Donn au travers d’une chorégraphie orchestrée par Maurice Béjart. Ce choix était donc idéal pour lier l’art et la mode.

De nos jours, le boléro est davantage porté par les femmes à l’occasion de fêtes et cérémonies, associé à un vestiaire chic ou habillé, il ne fait pas partie du quotidien, il semblerait alors qu’il ait une destinée ciblée, comme la plupart des vêtements qui ont une fonction appropriée à une volonté ou un besoin, qu’elle soit de l’ordre du pouvoir, du paraître, de la protection, de la séduction, de l’intime ou du public, le vêtement est un moyen d’expression collective.

Toutefois, depuis quelques décennies, les codes changent, l’habit perd son vocabulaire principal, la transgression devient banale, comme la mythique sandale en plastique du maître nageur qui devient un accessoire de mode chez les plus férues de mode, la panoplie du jogging portée de jour comme de nuit, peu importe le lieu, même si l’on ne fait jamais de sport. Dans les années 1950, une femme pouvait se changer jusqu’à 7 fois dans une même journée, une tenue pour un moment précis, désormais le confort a détrôné certaines valeurs d’élégance, la sphère de l’intime d’un vêtement porté uniquement chez soi a perdu de son sens. Alors que certains ne s’habillent pas de la même façon chez eux que dans la rue, et d’autres restent invariablement habillés sans se changer du matin jusqu’au soir, ma performance interroge cette limite de l’intime, comment passer de son antre privé au territoire public? Quelle est sa frontière, existe-t-elle encore?”